Pour une prise de conscience collective dans la perspective d’une nouvelle Haiti

Jean H.Fevrius depuis Montréal


La misère atroce dans laquelle patauge le peuple devient de plus en plus préoccupante. A l’intérieur comme à l’extérieur du pays, cette préoccupation prend le large. Pour certaines personnes avisées, tout doit partir de l’Université, pour d’autres, tout doit partir de la diaspora haïtienne. De l’avis d’un groupe d’auditeurs de l’émission la plus écoutée en Haïti, à 14h, ‘’Haïti débat’’, la nouvelle Haïti tant rêvée peut démarrer dans la presse haïtienne, par l’implication des directeurs de média. Tout laisse présager que quelque chose se trame en silence. Y a t-il lieu d’espérer?
Tout a débuté à la suite d’un éditorial du directeur général de la radio Scoop FM, le mardi 2 juin 2020, du journaliste de carrière Gary Pierre Paul Charles (GPPC) dans lequel il convie les hommes et les femmes politiques à placer Haïti au centre de leurs préoccupations. Si le pays continue sur cette voie, il risque de sombrer dans un véritable « dechoukaj», parce que la population n’en peut plus. Selon GPPC, il est temps de lancer un débat sérieux sur le devenir du peuple haïtien.
En outre, le directeur de la radio Scoop FM a avancé qu’il était contre les deux coups d’État contre l’ancien président Jean Bertrand Aristide. «Il faut reformater le tissu social haïtien», a-t-il déclaré dans cet éditorial. Les chefs d’État, les sénateurs, les députés, les ministres, les directeurs généraux, qui se sont succédé au pouvoir en Haïti, n’ont pas su travailler à son bonheur. « Ils sont tous devenus riches, alors la que population croupit dans la misère. Il est grand temps que le pouvoir, l’opposition, la société civile s’entendent sur l’essentiel pour éviter au pays ce qui peut advenir dans les mois prochains. Puisqu’il ne reste au pays que le souvenir de sa beauté, de sa splendeur.
A l’écoute de l’éditorial du directeur, un jeune intellectuel a fait parvenir à GPPC un texte-message pour lui demander de se départir de ceux qui détruisent le pays, tout en créant une audience au bénéfice des jeunes qui veulent contribuer au bien être du peuple haïtien. Interpellé par le message, dont lecture a été donnée en direct par Gary Pierre Paul Charles, le directeur avait cru bon de demander à l’expéditeur du message d’appeler, s’il le désire, afin de faire valoir son opinion. Il a, pendant quelques minutes, étalé ses points de vue relatifs à la place à accorder aux jeunes talentueux et consciencieux du pays.
Wow!!!! Je me suis dit qu’il y a une lueur d’espoir pour Haïti. Le débat devient plus palpitant suite à deux appels des natifs du Plateau central, qui ont laissé comprendre que tout doit partir du message reçu par GPPC. Car, ont-ils déclaré, c’est l’élément déclencheur d’un vaste mouvement de réveil citoyen pour sortir le pays de cette torpeur.

Mais vu que le directeur est propriétaire de media, n’est-il pas un élément du système? Peut-il se raviser pour mener cette bataille? Car de l’avis de plus d’un, les médias détiennent une grande part de responsabilité dans ce que vit le pays actuellement. Comme dirait le québécois, GPPC en a plein le dos, il n’est que d’attendre!
Depuis plusieurs années, hormis la misère noire, une peur bleue s’installe dans le pays. La population, livrée à elle-même et tenue en otage par des bandits retranchés dans les quartiers populaires pour y régner en maitre, se retrouve dans la gueule du loup. Et vu l’absence de l’État dans ces zones, -ces bandits s’évertuent à remplacer les autorités établies,- au point de claironner dans l’opinion publique être des agents sociaux. Ils (ti lapli, barbecue, bougoy, ti Johnny, Ezechiel, tèt kale, Anel et j’en passe) reçoivent de la visite de tous ceux qui veulent prendre le contrôle de la zone qu’ils dirigent. Il s’agit d’une bataille pour le contrôle de territoires. Zut! Le peuple en paie le prix fort.
L’on se rappelle de la réponse fournie par le docteur Réginald Boulos relative au lien qu’il entretient avec le bandit ‘’ ti hougan ‘’ à Cité soleil : «ti Houngan est un agent social». Et par rapport au fait que le docteur gagne du terrain dans ce bidonville en raison de son accointance avec ti houngan, ce dernier a été assassiné par un de ses geôliers; ce qui ouvre la voie au déclenchement d’une violence aveugle à Cité Soleil. J’aurais pu citer maints exemples de cas des nantis du pays qui entretiennent des relations avec les gangs armés évoluant dans les quartiers populaires.
Et tout ceci m’incite à souligner un mouvement «  bat bravo pour la jeunesse’’, encore dans ses moments de balbutiements, entamé par Jhon Colem Morvan, stimule les jeunes à s’impliquer dans la vie politique du pays. En effet, dans plusieurs de ses interventions, il a dénoncé certaines opérations de détournement de fonds opérées dans certains consulats haïtiens. Avec le support d’un groupe de jeunes, Jhon Colem, natif de la Cité du Drapeau, fier de l’être d’ailleurs, compte lancer dans les jours à venir la Radio’’ la voix de la Jeunesse’’.
Ce mouvement, embrassé à bras le corps par des milliers de jeunes imprégnés du vibrant message véhiculé par son leader charismatique, mérite l’encadrement de tous ceux et de toutes celles qui se sentent écartés de leur pays natal, meublent leur esprit dans les différentes universités du monde, cherchent un El Dorado puisqu’ils ne sont pas bienvenus dans leur pays natal. D’où le lancement d’un véritable Konbit national pour une nouvelle Haïti. Le message de Jhon Colem commence à retentir, secouant ceux qui ont participé à l’appauvrissement du peuple haïtien, ouvrant les yeux de ceux qui éprouvent beaucoup de difficultés à comprendre les détours des vautours pour s’enrichir, interpellant tous ceux qui rêvent d’une nouvelle Haïti. Puisse ce vaste mouvement ‘’ bat bravo pour la jeunesse ‘’ suivre la vision éclectique de Toussaint Louverture, -l’un des plus grands diplomates que l’histoire a produit-, la bravoure de Dessalines, l’intrépidité de François Capoix (aka Capois La mort) pour l’édification de cette nouvelle Haïti.

Tout compte fait, il ressort de notre démarche que tout projet d’émancipation de la jeunesse, à travers toutes les couches sociales pour une nouvelle Haïti tant rêvée, passe inexorablement par la mise à l’écart de tous ceux qui, de 1986 à nos jours, ont conduit le pays dans cet abime. Toutefois, ce réveil citoyen requiert l’engagement des hommes et des femmes honnêtes, respectueux des lois qui reflètent notre réalité sociologique, politique, économique, culturelle. Car sans quoi,on risquera de saper tous les efforts consentis.



Catégories :SOCIÉTÉ

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