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Les derniers chants: un texte de Norma Limontas

Dans ce pays là, on s’excelle et s’exerce à gonfler les cerveaux, les enfler de chimères et de vices. La majorité des chenilles ne passe pas la maturité des papillons. Pour que certaines y grandissent, leurs parents doivent se colleter aux méchants en y sortant des cornes et montrer leurs crocs. Les dieux sont en colère, les loas, les marassas ne veulent plus entendre parler de libations, les tables sont sales. Ils refusent les couverts.

Tous les trous sont bouchés.Les couleuvres boivent du sang en guise de sirop. La guillotine fait tomber les têtes bien faites , les tranche brutalement, car elles ont osé révéler la vérité. La fédération gangstérisée est enjointe de trancher les vies.

Bel air à feu et à sang, les forces payées pour servir sont aux abonnés absents. Les oiseaux perdent leurs repaires, ils ne peuvent pas repérer la position des oisillons égarés. Ici, les entreprises funéraires fleurissent comme des champignons parce que, lucratives, sur tous les plans. Les murs des lamentations s’érigent plus haut que Babel. Les récriminations forcément doivent se transformer en fleuve. Il suffit de pousser les bouchons contre cette impunité et boucler les issues d’un commun accord pour forcer les âmes fellées à rejoindre les coins sombres. Ras-le-bol on en a.

Mon testament ne vaut pas grand-chose. Quelques mots au creux des vagues, aidés par des forces vives pour pousser les maux hors des places fortes de cette dialectique qui veut et croit : parce qu’on a offert à quelqu’un le pouvoir, on doit supporter ses sabots et ses bottes ferrées jusqu’à mourir les yeux exorbités et la langue trainante. Mon testament laisse des mots « dynamite pour exploser les coeurs pierreux , déviés de la vertu d’aimer pour se travestir en mangeur d’intelligence . Les soleils s’éteignent beaucoup trop vite dans la grande cité.

Chacun a son mur ou sa croix au cours de sa vie qu’il doit chérir ou briser. Moi, je voudrais tant offrir une âme et un coeur au mien tant que nous vivons une relation de proximité. Il prend le pouls de tous mes sentiments et m’aide à évacuer la négativité pour retrouver ma sérénité au coeur de ce panorama incertain qu’on appelle :vivre dans un pays de poulpe marchant sur la tête dans les gravats, serrant et agrafant ses tentacules à mal faire. Près du mur des derniers chants, les mots « dynamite et ébroueur » ont l’intention de curer eaux et maux de la République. Cette population voudrait goûter à des jours heureux. Près du mur des derniers chants, on espère le retour à la stabilité. La quiétude des esprits recouvrée pourra-t-elle participer à ouvrir de nouveaux soleils sous ce ciel ou coin de terre?

Norma Limontas
2 septembre 2020

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