Des milliers de manifestants expriment leur ras-le-bol et demandent le départ de Ariel Henry ce 7 sept 2022

Par Naldo Jean

Des manifestations massives dans toutes les grandes villes du pays, des blessés, le départ pour les États-Unis de Ariel Henry, tels sont les moments forts de la journée du 7 septembre 2022. À Port-au-Prince où une grande foule était attendue, la manifestation a été marquée par des échauffourées entre les manifestants et les agents de la PNH.

Avant dix-heures du matin, à chaque point de rassemblement prévu par les organisateurs, des centaines de participants attendaient le coup d’envoi de la manifestation. Très vite, de partout, des milliers d’autres se sont joints à eux à Delmas 30. Ces milliers de manifestants ont arpenté les rues de Port-au-Prince pour dire non à l’insécurité, non à la prolifération des cas d’enlèvement et non à la cherté de la vie.

Des manifestants brandissent leur drapeau noir et rouge. D’autres exhibent des cartons rouges pour expulser Ariel Henry d’un match qu’il ne contrôle presque plus.

Vers midi, grossi par les riverains qui se sont joints aux différentes branches, c’est une véritable marée humaine qui scandait des slogans pour demander le départ sans condition du Premier ministre Ariel Henry.

Au visage en colère et frustré, les manifestants marchent sur le rythme des chants de révolte du Truck Sound sous les auspices de l’ancien prisonnier politique Killick à la baguette.

Jeunes, moins jeunes et figures politiques connues ont été remarqués sur le bitume. Sur les pancartes et banderoles sont indiqués des messages dénonçant l’insécurité et critiquant l’administration du Premier ministre Ariel Henry.

« Je suis là comme citoyen car la vie chère nous concerne tous. Actuellement, plus de 4.6 millions d’haïtiens vivent dans l’insécurité alimentaire. Le peuple croupit dans la misère. Ariel Henry a plus d’un an au pouvoir pour aucun résultat. Quel est le rôle d’un gouvernement qui ne fait rien? », s’interroge l’avocat Arnel Rémy.

Les nerfs à fleurs de peau, les manifestants, une fois rencontrés à Delmas 30, longent l’autoroute de Delmas. Ils se mettent à attaquer toutes les banques commerciales trouvées sur leur passage. De jets de pierre à tentative de vandalisme, les manifestants ont craché leur colère contre les banques commerciales qui, selon eux, sont les véritables responsables de la situation macro-économique du pays.

Au haut de Delmas, le leader de la structure politique Pitit Desalin rejoint les manifestants. Fidèle à lui même, l’ancien parlementaire sur moto a réitéré son engagement de faire du taux de change, les véritables raisons de ses batailles politiques. Il ne cesse d’exiger la baisse du dollar en dessous de 100 gourdes. Une heure passée, Moïse Jean Charles disparaît de la foule.

Arrivés à Delmas 60, les manifestants sont contraints de changer d’itinéraire. Les agents de la police nationale d’Haïti barricadent l’entrée de Delmas 60 devant mener à Musseau, lieu où se trouve la résidence du Premier ministre. Les manifestants longent encore la route de Delmas.

Atteignant Delmas 103, près de Pétion-Villes, les manifestants restent bloqués puis dispersés par les forces de l’ordre faisant usage de gaz lacrymogène et de tirs à armes automatiques. Peu de temps après, la PNH leur laisse le passage. Les manifestants empruntent la route de Bourdon.

« Ariel demisyon »

Tout au long de la route, les manifestants chantent, scandent en exigeant la démission de Ariel Henry. « Il est le véritable Pierre d’achoppement du pays. Sans lui à la tête de l’État, le pays serait mieux », tempête un manifestant en colère.

Les manifestants ont atteint Musseau. Là, de véritables échauffourées ont été enregistrées. Voulant riposter contre les policiers qui ont monté la garde devant la résidence du PM, les manifestants ont lancé des pierres en direction des policiers. Ne pouvant pas atteindre leur objectif, les manifestants ont pris la route de Lalue pour clore la journée.

Les mouvements de mobilisation n’étaient pas seulement à Port-au-Prince. Des villes de province y étaient concernées. Au Cap-Haïtien, à Jérémie et Saint-Marc, les habitants ont exprimé leur ras-le-bol. Des scènes de vandalisme et de pillage ont été enregistrées



Catégories :ACTUALITÉS

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